Conduite à tenir avant instauration d’un traitement anti-résorbeur osseux

Bien que rare, l’ostéonécrose chimio-induite des mâchoires est une complication sévère des traitements anti-résorbeurs osseux. Un bilan dentaire (examen clinique complété par une imagerie panoramique dentaire) est nécessaire avant l’instauration de ces traitements.

Les foyers infectieux chroniques doivent être éradiqués et les dents non pérennes dans le temps doivent être extraites, de préférence avant l’instauration du traitement. Toutefois, l’état bucco-dentaire ne doit pas différer la mise en route d’un traitement urgent. En cas d’avulsions dentaires avant le début du traitement, la cicatrisation muqueuse (6 semaines) doit impérativement être obtenue, l’idéal étant d’obtenir la cicatrisation osseuse (3 mois).

Concernant les bisphosphonates, c’est davantage la dose cumulée qui majore le risque d’ostéonécrose des mâchoires plutôt que la voie d’administration. En-dessous de 4 à 5 ans consécutifs de traitement, le risque est très faible. Des précautions particulières doivent être prises en cas d’avulsions dentaires chez les patients traités plus de 4 à 5 années consécutives, avec la mise en place d’une antibioprophylaxie péri-opératoire prolongée (Amoxicilline (1g matin et soir pendant 7 jours) à débuter le matin du geste opératoire) Il n’y a pas d’intérêt à une fenêtre thérapeutique dans ces situations.

Concernant le denosumab et ses biosimilaires, ils ne présentent pas d’effet dose-cumulée. La molécule sera totalement éliminée 6 mois après la dernière injection d’XGEVA® et 4 à 5 mois après la dernière injection de PROLIA®. Une interruption du traitement, si la pathologie du patient le permet, est donc bénéfique en cas d’avulsions dentaires. Le traitement pourra être repris lorsque la cicatrisation osseuse sera obtenue, soit à 3 mois post-extraction, après un contrôle clinique et radiologique par le chirurgien-dentiste.

Un contrôle bucco-dentaire annuel est recommandé chez ces patients. Les soins dentaires conservateurs ne sont pas contre-indiqués et ne nécessitent pas d’antibioprophylaxie.

Nos partenaires

Dentibiotic
CRAtb - Centre Régional en Antibiothérapie Île-de-France
CMG - Collège de la médecine générale